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Jeunes communistes d'Arras

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Le patronat n'est pas un "partenaire"

La bataille contre l'accord de régression sociale, l'accord Medef-Cdft-Ayrault, est engagée. Elle se mène sur le terrain syndical et sur le terrain politique - car il s'agit d'un texte qui est sensé être transcrit tel quel dans la loi,

Les syndicats qui dénoncent l'accord, ont entrepris un travail d'explication détaillé de son contenu. Les "quatrepages", les textes d'analyse faits par des spécialistes, s'arrachent et se diffusent pas dizaine de milliers. Des réunions ont commencé à être organisées pour étudier collectivement le texte. C'est très souvent les comités locaux du front de gauche qui en ont pris l'initiative, renouant avec la pratique initiée au moment de la campagne pour le "non" au TCE.

Ce sont évidemment les militants syndicalistes qui réagissent le plus vite, car ils mesurent l'ampleur des conséquences que cet accord, inscrit dans la loi, va provoquer dans la pratique syndicale. En effet, leur formation, basée sur la maîtrise des textes, des articles du code du travail, est totalement remise en cause. Car, avec cet accord, il n'y a plus de texte, de référence, d'article du code du travail qui soit considéré comme s'imposant à tous, patrons et syndicalistes : "tout est négociable". Ce qui signifie, concrètement, que c'est le patron qui est systématiquement en position de force. Pour la raison simple, inscrite précisément dans le code du travail, que le patron et l'ouvrier ne sont pas dans un rapport d'égalité, que le salarié est "subordonné" au patron qui l'embauche. C'est le mouvement ouvrier et syndical qui s'appuie sur les règles, les articles du code du travail, pour faire contre poids au chantage patronal. Si l'accord est traduit en loi, c'est le patronat qui pourra s'appuyer dessus pour imposer sa loi, sur fond de chantage permanent au chômage et au licenciement, rendu plus facile par ce même accord.

Chaque militant comprend tout de suite que si "tout se négocie", le patron trouvera toujours quelqu'un, un syndicat ou un "sans étiquette" pour "négocier". Cela est particulièrement vrai dans les entreprises sans représentation syndicale, ou dans celles où les syndicats sont faibles.

Nous voulons attirer l'attention sur un danger ; celui de tomber dans une analyse exhaustive des moindres détails de cet accord et dans l'extrapolation de leurs conséquences.

En effet, tous les paragraphes et les aspects de ce texte n'ont pas la même importance et un très grand nombre d'entre eux est "renvoyé à des négociations futures". Il y a un risque de se perdre dans ces articles et de passer à côté des aspects les plus importants.

On peut les résumer en trois points :
- La course à la compétitivité devient la norme s'imposant à tous les travailleurs ;
- refuser de s'y plier est une faute sanctionnée par le licenciement ;

- tout, aussi bien le niveau des salaires, la flexibilité, les conditions de travail, etc, sont négociables entreprise par entreprise, et il n'y a plus de seuil minimum, inscrit dans le code du travail et la loi, applicable partout.

Les pages de ce journal, consacrées à ces questions, détaillent notre analyse et notre argumentation.

La priorité de ces prochaines semaines, pour le travail de mobilisation, c'est de faire grandir le refus de cet accord, dans sa totalité. En effet, rien n'est joué d'avance, même s'il y a peu de temps devant nous. En effet, à la différence de la mobilisation contre le TCE, il y a le fait que des travailleurs, des syndicats luttent déjà contre l'application anticipée de cette loi par certains patrons, notamment ceux de l'automobile, mais aussi ceux de l'agroalimentaire, etc. bref ceux qui font le chantage à la suppression de postes, en échange d'un "accord de compétitivité". Autrement dit, la bataille est déjà engagée dans certaines entreprises, ce qui souligne l'importance de lier le travail de mobilisation contre cet accord, au soutien concret à ces luttes.

Mais il y a aussi une dimension idéologique à ce combat, car, comme le dit le texte des "cent pour une nouvelle démocratie sociale", "cet accord marque la naissance d'un nouvel modèle social". En effet, le contenu de cet accord et la méthode utilisée pour le faire passer dans la loi, renvoient à un nouveau modèle (de société) fondé sur la coopération. La coopération entre les forces productives, entre chercheurs, salariés, entrepreneurs…. Cette négation de la lutte de classes, remplacée par la recherche de la coopération dans laquelle il y a, certes, des contradictions, des conflits et des rapports de force, mais pas d'intérêts antagoniques.

Faire passer la coopération entre "partenaires sociaux" pour une "nouvelle démocratie sociale" est une escroquerie. Prôner cette vision quand le système capitaliste est dans une crise profonde, la plus profonde depuis les années 30, quand l'oligarchie impose son diktat par la violence à toute la société et qu'elle lui fait payer sa crise, c'est plus que de l'angélisme. C'est aller au devant des exigences sans limite de l'oligarchie et c'est demander aux masses de se laisser broyer. D'une telle société, nous n'en voulons pas !

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